Troubles anxieux. Ressemblances et différences

Troubles anxieux, symptômes communs

Sous la même appellation de « Troubles Anxieux » sont regroupés différents troubles psychologiques ayant plusieurs symptômes communs. En premier lieu c’est la prédominance d’une émotion, l’anxiété, qui peut se manifester sous différentes formes en termes d’amplitude, d’intensité, de fréquence et de durée.

 

Par définition une émotion correspond à un ensemble de modifications physiologiques comme un changement du rythme respiratoire et cardiaque, ou des sécrétions d’hormones. Dans le cas de l’anxiété, de l’angoisse, de la peur, ou de la panique, il s’agit d’accélérations des rythmes respiratoire et cardiaque, de sécrétions d’hormones de stress comme l’adrénaline, ou le cortisol. Ces phénomènes somatiques sont généralement perçus comme désagréables et engendrent une tension physique, néanmoins elles ont une fonction adaptative qui est de favoriser certains comportements de survie comme la fuite face à un danger. L’anxiété est alors utile lorsque le danger est réel, elle devient pathologique lorsque le danger n’existe que dans l’esprit du sujet alors qu’il n’existe pas ou plus dans la réalité.

Les autres points communs des troubles anxieux se situent dans la présence de scénarios catastrophistes sur le plan cognitif. Ces processus cognitifs provoquent l’anxiété, sachant que l’inverse se vérifie également, une anxiété élevée favorise l’apparition de ces scénarios catastrophistes.

Sur le plan comportemental, l’évitement est également présent d’une manière ou d’une autre dans tous les troubles anxieux, simplement c’est l’élément évité qui varie en fonction du trouble anxieux. L’évitement permet de réduire l’anxiété à court terme, mais à long terme il entretient le trouble anxieux. On peut alors considérer les troubles anxieux comme des pathologies de l’évitement.

Différences entre les troubles anxieux

On peut s’intéresser ensuite, pour plus de précisions, à ce qui diffère d’un trouble anxieux à l’autre, quel type d’anxiété, de scénario catastrophe, et quels sont les éléments sur lesquels l’attention du patient se focalise de façon à les éviter.

Dans une phobie simple, comme la phobie des insectes, peut s’activer un scénario catastrophiste comme « cet insecte est effrayant, il risque de me monter dessus et cela serait horrible ». L’anxiété peut être brutale et intense si le sujet est confronté par surprise à un insecte, on parle alors de panique, mais l’anticipation anxieuse de la confrontation à un insecte peut donner lieu à une anxiété moins intense, plus diffuse et sur une durée plus longue. L’évitement comportemental se portera alors sur l’objet de la peur, ici les insectes et les lieux où ils risquent d’être présents.

Dans un trouble anxieux généralisé, les scénarios catastrophistes sont nombreux et portent sur des thèmes multiples, le patient pense aussi que quelque chose de grave pourrait se produire s’il ne s’inquiète pas. L’anxiété est alors diffuse et presque constante. L’évitement porte sur l’insouciance, qui peut se manifester par le fait de ne pas réussir à déléguer à d’autres certaines résolutions de problèmes, ou le fait d’éviter les moments de calme où il n’y a rien à faire comme des vacances.

Dans une phobie sociale, le scénario catastrophiste se porte sur ce que pensent les autres à notre égard, par exemple « ils vont me trouver inintéressant, ridicule, ils vont s’apercevoir que je ne suis pas à l’aise du tout ». Là aussi on peut trouver une anxiété brutale et intense dans une situation d’exposition sociale, ou une anxiété par anticipation moins intense mais plus longue avant une situation d’exposition sociale, par exemple la veille d’un oral ou d’un exposé. C’est donc les situations ou le sujet peut être soumis au regard et au jugement d’autrui qui sont susceptibles d’être évitées sur le plan comportemental.

Dans un état de stress post-traumatique (ESPT), le scénario catastrophiste, qui a déjà été vécu une fois, est que l’événement traumatisant se reproduise. Ainsi, les indices ou les situations qui rappellent le traumatisme seront évités ou vécus avec anxiété. L’anxiété est souvent intense lors du traumatisme où se produit un stress aigu, et également par la suite, le sujet réagit comme s’il était encore dans la situation traumatisante, donc avec une anxiété qui peut aller jusqu’à la panique et parfois des symptômes de dissociation : dépersonnalisation (sentiment d’être un observateur extérieur de ses fonctionnements mentaux ou physiques); déréalisation (impression d’irréalité de l’environnement vécu comme un film, ou un rêve).

Dans un trouble panique, le sujet a déjà vécu plusieurs attaques de panique, lors d’une attaque de panique, les scénarios catastrophistes les plus fréquents sont la peur de mourir ou de devenir fou. Dans un trouble panique, le sujet craint que ne se produise une nouvelle attaque de panique, ce qui peut produire une focalisation excessive sur les sensations physiques dont les moindres modifications peuvent être vécues comme un danger à surveiller.

On retrouve dans les troubles obsessionnels-compulsifs (TOC) des scénarios catastrophistes comme « si je ne vérifie pas à nouveau si j’ai bien fermé le gaz, il peut se produire un grave accident » ou « si je ne me lave pas les mains à nouveau, je risque d’être contaminé par une bactérie ou un virus ». L’anxiété perdure tant que le sujet n’a pas accompli l’évitement réside alors dans la compulsion, une vérification, ou un lavement, qui permet subjectivement d’arrêter la pensée obsédante. Le problème état que cette baisse de l’anxiété ne fonctionne qu’à court terme.

Troubles anxieux : Traitement par Thérapies Comportementales et Cognitives

Dans les Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC) des troubles anxieux, l’objectif d’amener le patient à remettre en question ses scénarios catastrophistes, dans l’entretien clinique, mais aussi en l’invitant à mettre à l’épreuve des faits ses croyances. Il peut s’agir d’amener un sujet souffrant d’une phobie des insectes à s’intéresser aux insectes de manière documentée, mais aussi de s’en approcher progressivement. Ces méthodes cognitives et comportementales, peuvent être proposées par un psychologue formé aux TCC, la plupart du temps elles permettent au patient anxieux d’infirmer progressivement ses scénarios pessimistes en s’exposant progressivement à des situations évitées jusque là..

Bien entendu, ces expositions aux situations anxiogènes ne se font pas sans l’accord du patient, et dans un rythme décidé de façon collaborative dans un contrat thérapeutique. Les mêmes procédés  (remise en question des scénarios catastrophistes, exposition aux situations anxiogènes) peuvent s’appliquer dans chaque trouble anxieux. Le psychologue donne aussi aux patients des outils qui lui permettront de gérer ses émotions en particulier l’anxiété, comme la relaxation, et des méthodes de respiration lente (relaxation progressive de Jacobson, cohérence cardiaque, etc).

 

Joffrey Romon – Psychologue – Toulouse

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