Trouble obsessionnel-compulsif

Définitions et pistes thérapeutiques

Définitions
Comme son nom l’indique, le trouble obsessionnel compulsif se définit par la présence d’obsessions et de compulsions :
Les obsessions ou pensées intrusives ou pensées obsédantes sont des pensées, des images mentales ou des impulsions persistantes qui font intrusion dans la conscience du sujet. Elles sont généralement source d’anxiété.
Les compulsions ou rituels sont des comportements répétitifs (externes) ou des actes mentaux (internes) que l’individu se sent obligé d’accomplir en réponse à une obsession même s’il les reconnaît dénués de sens ou excessifs.

On peut diagnostiquer un TOC si les obsessions et les compulsions sont à l’origine d’un sentiment de détresse, d’une perte de temps considérable (plus d’une heure par jour), ou interfèrent de façon significative avec les activités quotidiennes du sujet. Certains individus souffrants d’un TOC ne reconnaissent pas que les obsessions et les compulsions sont excessives ou irraisonnées, d’autres ont une bonne prise de conscience de leurs difficultés.

Pistes thérapeutiques
La démarche thérapeutique auprès des personnes ayant un faible niveau de conscience de leur trouble débute par une thérapie cognitive sur les croyances surévaluées. Par exemple lorsqu’un patient souffre d’obsessions de contamination qui provoquent des nettoyages compulsifs, sans avoir pris conscience du caractère excessif de leur fonctionnement, il s’agira d’abord d’aider le patient à modifier ses croyances surévaluées sur la saleté des sécrétions corporelles en tout genre, sur la présence de produits toxiques ou de contaminants environnementaux ou encore de microbes. Il s’agira aussi d’amener une remise en question de l’utilité réelle des compulsions de lavage. Il existe à ce propos d’autres formes de TOC, vous les retrouverez de manière plus détaillée dans cet article de Marie Desbonnet

Après cette prise de conscience, le travaille thérapeutique consistera à aider le patient à prendre conscience d’un autre élément, à savoir que la compulsion à une fonction émotionnelle à court terme. Lorsqu’une obsession se présente, une émotion désagréable apparaît et c’est finalement pour s’en débarrasser que le sujet accomplit la compulsion. Progressivement le sujet devient comme dépendant de la compulsion qui semble être le seul moyen rapide de se débarrasser de la tension interne que déclenche l’obsession. La plupart d’entre nous avons déjà fait l’expérience de légères obsessions accompagnées d’une tension imperceptible, mais nous parvenons sans vraiment y faire attention à les oublier sans accomplir de compulsion, ainsi notre organisme enregistre que la tension disparaîtra d’elle même. Pour les personnes souffrantes d’un TOC, au contraire, l’organisme a enregistré que la tension ne disparaît que par la compulsion, et la répétition du phénomène renforce cet apprentissage pathologique. Pourtant, cette tension qui apparaît lors de l’obsession est voué à s’atténuer et disparaître si le patient n’accomplit pas la compulsion. Encore faut-il qu’il le vérifie, et qu’il l’expérimente suffisamment souvent pour que son organisme l’enregistre, et qu’un nouvel apprentissage imprègne le sujet.

C’est sur ce modèle explicatif du TOC, basé sur l’apprentissage, que repose la thérapie comportementale d’Exposition avec Prévention de la Réponse (EPR). Cette thérapie consiste en une mise en situation inductrice d’obsession, le patient doit par exemple, se salir légèrement les mains intentionnellement (c’est l’exposition), et ne pas se les laver pendant au moins deux heures durant lesquelles il doit rendre compte à intervalles réguliers (toutes les 10 minutes) de son niveau d’anxiété et de tension, au travers d’échelle de cotation. Il constatera que son angoisse décroît, tout en n’accomplissant pas la compulsion (c’est la prévention de la réponse).

Quelques règles sont nécessaires à rappeler :
L’accord du patient est indispensable avant toute exposition, le patient ne doit, en aucun cas être pris par surprise.
Il est important que les expositions soient progressives et décidées de façon collaborative avec le patient.
Des méthodes de relaxation peuvent être enseignées afin de faciliter l’exposition du patient.

Joffrey Romon – Psychologue – Toulouse