Reprendre confiance en soi

La confiance en soi se décide-t-elle ?

La confiance en soi renvoie aux croyances que l’on entretient sur nos compétences. Elle peut être également envisagée comme un processus de décision. Particulièrement pour les compétences qui n’ont jamais été mises à l’épreuve. Lorsque l’on questionne une personne, ou si celle-ci se demande en son for intérieur, si elle est capable de faire un nouveau travail ou de faire et élever un premier enfant, elle se trouve alors devant un choix.

Sous-estimer sa capacité peut être décidé pour, en cas d’échec, de ne pas (se) décevoir soi, ni subir des reproches. Des justifications rationnelles peuvent subtilement éluder de la conscience la peur du jugement, invoquant le désir d’être et de paraître humble, ce qui en apparence répond à certaines valeurs. Néanmoins, elles n’effacent pas la peur du jugement. Au contraire, au regard des renoncements qu’implique ce fonctionnement, plus rares sont les occasions saisies pour s’habituer à cette peur du jugement et à une dose d’inconnu. Et lorsqu’une occasion est saisie, entretenir un discours intérieur négatif sur sa capacité provoque un excès d’anxiété qui réduit la capacité et donc les chances de succès. De surcroît, fonctionner ainsi engendre peu à peu un sentiment d’injustice et une forme de jalousie « La modestie, l’humilité, ça ne paye pas dans cette société ! C’est toujours ceux qui se mettent en avant qui réussissent !  C’est injuste ».

 Face à une telle attitude, on peut éprouver de l’empathie mais aussi une gène, si l’on ressent que quelque chose d’autre expliquerait mieux cette détresse que les valeurs invoquées. Même si la société est souvent injuste, ce fonctionnement reste le premier ennemi des personnes qui l’adoptent. Il peut même entraîner un effondrement vers un épisode dépressif caractérisé par un discours négatif sur soi, sur le monde, et sur l’avenir. C’est parfois à ce moment qu’une personne se décide à consulter.

En tant que psychologue, j’ai souvent eu à accompagner, dans mon cabinet à Toulouse, des personnes qui présentaient ce fonctionnement. L’expérience en  thérapie de la confiance en soi m’a montré qu’il est possible de les accompagner dans une décision qui consiste à réfléchir différemment, cela demande un certain entraînement, des efforts réguliers et durables. Il importe aussi de remettre en question les justifications rationnelles invoquées pour renoncer. La confiance en soi commence progressivement lorsque seul, dans son for intérieur, une personne se décide à penser « je vais essayer, il se peut que j’en sois capable ».

Encore faut-il y croire, une argumentation permettant d’étayer cette décision est alors profitable. Il s’agit par exemple d’examiner l’idée selon laquelle personne ne peut être sûr, avant d’avoir essayé, qu’il sera incapable de faire quelque chose de nouveau. Par ailleurs, si l’on ne savait faire que ce que l’on a déjà fait, les humains n’auraient jamais tant évolué. De surcroît, se dire que l’on est capable de réussir a tendance à améliorer les capacités, et augmente les chances de réussir. Il est donc très utile de décider d’avoir confiance en soi. Même dans le doute. Pour ce qui est du rapport aux autres, les gens sont souvent rassurés par la confiance en soi, tant qu’elle ne devient pas excessive, simplement le fait d’être en mesure de dire « Je ne l’ai jamais fait, mais je devrais pouvoir y arriver » permet à l’autre d’entendre que la réussite est envisagée. Parfois les gens ont besoin de l’entendre pour sentir qu’ils peuvent commencer à avoir confiance en quelqu’un.

Joffrey Romon – Psychologue – Toulouse

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