Fondements de l’estime de soi

Les fondements et nourritures de l’estime de soi

Les fondements de l’estime de soi

Selon certains auteurs, dans l’histoire d’un individu, le premier élément fondateur de l’estime de soi reposerait sur ce que l’on appelle amour inconditionnel qui provient des parents. Il correspond à un amour qui ne varie pas en fonction des points forts ou points faibles de l’enfant. Ceci permet à l’enfant de se sentir digne d’être aimé, et de sentir en lui même une valeur inaliénable en tant qu’être humain

Le deuxième élément fondateur fait intervenir l’aspect éducatif : l’estime de soi se construit et se renforce lorsque les parents encouragent et valorisent les réussites de leur enfant et ne sont pas excessivement critiques envers eux en cas d’échec. Ceci permet à l’enfant de se sentir soutenu même s’il lui arrive de faire des bêtises, et de prendre des risques sans être puni lorsqu’il échoue.

Le troisième fondement important réside dans l’estime de soi des parents eux-mêmes, qui transparaît sous le regard des enfants : La présence chez les parents d’une vision positive d’eux-mêmes et leur propre façon de se juger eux-même sans se laisser envahir par ce que pourraient penser les autres, c’est ce que l’on appelle communément le « qu’en dira-t-on ».

Ces éléments contribueraient à la construction d’une estime de soi plus solide quelque soit ses capacités, ce qui donnerait un socle, une base solide qui permettrait à l’individu de ne pas craindre l’échec ou le jugement social. Cette base aiderait aussi à prendre toute expérience de la vie comme une occasion d’apprentissage, sans imaginer que cela ferait perdre la dignité d’être aimé en tant qu’être humain ni sa valeur inaliénable.

Tenir compte de ces fondements de l’estime de soi peut être utile à des parents pour adopter une attitude favorable à l’estime de soi de leurs enfants. Néanmoins cela peut devenir une sorte de théorie fataliste qui pourrait entraîner un certain désespoir chez certains adultes ayant une faible estime d’eux mêmes. Comme si tout était joué depuis leur enfance, et qu’on ne pouvait pas améliorer son estime de soi par des efforts dans le présent si ces fondements n’ont pas été suffisamment présents au cours de l’enfance. Pourtant des auteurs ont nettement remis en question ce déterminisme de l’enfance en psychologie (« Faut-il croire au déterminisme psychologique ? » in : Kagan J., Des idées reçues en psychologie, Paris, Odile Jacob, 2000.). Ainsi quel que soit notre passé, l’estime de soi peut être améliorée à l’âge adulte, et certaines thérapies ont montré leur efficacité à ce sujet .

Les nourritures de l’estime de soi
L’estime de soi durant toute l’existence peut évoluer en fonction de deux types de nourritures que lui offre notre vécu.

Certaines nourritures sont plutôt autonomes, et ont un certain poids, elles reposent sur nos actions personnelles, nos performances et nos réussites, indépendamment du regard extérieur. On parle alors, en psychologie, de sentiment d’efficacité personnelle. Il peut s’agir d’une amélioration dans une performance sportive (sport individuel), réussir à tenir une plus longue distance en moins de temps en course à pied. Ce peut être de parvenir à comprendre un concept assez complexe dans une discipline, et avoir une sorte de déclic. Ces expériences enthousiasmantes alimentent notre estime sans que personne d’autre que soi-même n’en ait conscience.

D’autres nourritures de l’estime de soi, souvent plus pesante encore, reposent davantage sur les autres, sur leur légitimation. On parle alors ici de reconnaissance sociale. C’est en fait l’appréciation par les autres de l’efficacité personnelle que nous venons d’évoquer. Il peut s’agir d’une augmentation de salaire à la suite d’un travail de qualité dans une entreprise, de félicitations venant de coéquipiers dans un sport collectif, cela peut être aussi recevoir un compliment venant d’un membre de sa famille pour une aide que l’on a fourni à l’un de ses enfants, ou à un parent âgé

Ce qui vient complexifier les choses, c’est que ces deux types de nourritures, personnelle et sociale, sont toutes les deux soumises à une évaluation plus ou moins réaliste. Les personnes ayant une faible estime de soi ou une estime de soi faussement haute.  Ils peuvent aussi sous-estimer ou surestimer leurs capacités, ce qui renvoie à la confiance en soi . Ainsi les problèmes d’estime de soi peuvent être liés à des problème de confiance en soi, mais aussi à des problèmes d’affirmation de soi, ces trois dimensions s’articulent dans le fonctionnement humain . En effet les personnes qui cultivent une estime de soi faussement haute, auront tendance à surestimer leurs performances, mais aussi à adopter un profil dominant ou agressif dans leur relation. En revanche les personnes ayant une faible estime de soi, auront tendance à sous-estimer leur performance, et à adopter un profil soumis ou passif dans leur relation. La soumission ou passivité, et la domination ou agressivité sont des profils relationnels étudiés en affirmation de soi .

Joffrey Romon – Psychologue – Toulouse