La confiance en soi

L’opinion qu’on a de nos capacités

Définition
La confiance en soi est une dimension cognitive, elle renvoie donc à des pensées, et à ce titre elle demeure interne et, à priori, invisible. Pour le dire plus simplement, la confiance en soi recouvre un ensemble de croyances qu’entretient un individu sur ses capacités, qu’elles soient physiques, psychologiques, individuelles ou relationnelles. Puisqu’il s’agit de croyances, il peut y avoir une sous-estimation ou une surestimation des capacités en question, mais il est également possible d’en avoir une vision plus réaliste.

Sous-estimer ses capacités correspond à un déficit ou à un manque de confiance en soi. La surestimation de ses capacités en revanche, qui ne doit pas être confondue avec la confiance en soi, est un excès de confiance en soi. L’excès de confiance en soi comme le manque de confiance en soi n’ont pas une bonne influence sur le comportement et la façon de mener des projets ou des relations.

La confiance en soi fait référence à une vision suffisamment réaliste de ses capacités, de ses points forts mais aussi de ses points faibles en gardant à l’esprit qu’ont peut progresser dans certains domaines. Avoir confiance en soi ne signifie donc pas surestimer ses forces ou nier ses faiblesses, mais il s’agit, au contraire, d’en être suffisamment conscient.

Variations et évolutions des problèmes de confiance en soi
D’une capacité à l’autre, l’évaluation peut varier de la sous-estimation à la surestimation en passant par une juste estimation. Il est envisageable qu’une personne se surestime en sport de combat (excès de confiance en soi), se sous-estime dans ses capacités d’apprentissage d’une langue étrangère (manque de confiance en soi), et qu’elle ait une vision réaliste de ses bonnes capacités en orthographe sachant qu’effectivement elle ne fait que très rarement des fautes d’orthographe (confiance en soi). Un manque ou un excès de confiance en soi peut donc être localisé à certaines capacités ou généralisé à tous les domaines de compétences.

Les croyances d’un individu à propos de ses capacités, d’une sous-estimation à une surestimation en passant par une vision réaliste, peuvent varier selon la capacité en question, et évoluer au cours du temps. En effet, les croyances des individus sur leurs différentes capacités sont amenées à évoluer par la force des choses. Elles peuvent s’améliorer ou se détériorer à l’occasion de différentes expériences de la vie.

Il arrive par exemple qu’un traumatisme, un accident, ou une relation toxique avec une personne qui critique excessivement entraîne une détérioration de la confiance en soi. Une jeune femme m’a déjà raconté en séance qu’avant sa dernière relation amoureuse elle ne se préoccupait pas tant de sa silhouette, mais que les critiques répétées de son ex-compagnon sur ce sujet l’ont amené à perdre confiance en elle à propos de son attractivité physique.

L’amélioration est possible, lorsqu’une personne qui se sous-estimait initialement au sujet d’une capacité, se rende compte par l’action, en mettant sa croyance à l’épreuve des faits, que son manque de confiance n’était pas justifié. Inversement, une personne qui se surestimait dans un domaine peut remettre en question son excès de confiance en se confrontant à la réalité. Ainsi, plusieurs réussites ou échecs peuvent remettre en question une sous-estimation ou une surestimation d’une de ses capacités. Le vécu, ou une thérapie de la confiance en soi  peuvent faire évoluer favorablement la confiance en soi.
On peut aussi observer un phénomène de compensation entre les capacités elles mêmes, une force peut compenser une faiblesse et donner in fine une confiance en soi globale. La volonté, les capacités d’investissement dans l’effort et le goût de l’apprentissage peuvent aussi compenser une faiblesse qui sera alors temporaire. Une personne peut par exemple avoir une faiblesse consciente dans une discipline. Mais ayant le goût de l’effort, elle peut penser que son travail peut donner lieu à une évolution comparable aux personnes qui semblent ne pas avoir besoin d’autant d’efforts pour arriver aux mêmes résultats. Ce goût de l’effort permet même à certains de dépasser parfois d’autres personnes qui se reposent davantage sur leurs acquis et leurs facilités que sur leur travail.

La confiance en ses capacités d’affirmation de soi
La confiance en soi désigne les croyances d’un individu au sujet de ses capacités physiques, intellectuelles, individuelles ou relationnelles. Concernant les capacités relationnelles, l’affirmation de soi est une compétence psychologique et sociale de choix sur laquelle peut porter la confiance en soi. « Si je réussis à respecter les autres tout en me faisant respecter c’est bien la preuve que j’en suis capable ». Dans cette énoncé on voit comment l’affirmation de soi  aboutit à une confiance en ses capacités relationnelles. Un manque d’affirmation de soi aboutit donc généralement à un manque de confiance en soi sur le plan relationnel. En effet il existe un lien étroit entre l’affirmation de soi, la confiance en soi, et finalement l’estime de soi, qui constituent trois dimensions interdépendantes du fonctionnement humain.

Il est possible qu’une personne passive ou soumise dans ses relations se pense incapable de s’affirmer et de façon immuable, qu’elle réfléchisse comme si elle n’était pas en mesure de progresser par des apprentissages dans sa capacité d’affirmation de soi.
Inversement une personne plutôt agressive ou dominante dans ses relations peut aussi se penser incapable de respecter l’autre, et se croit être de nature violente, comme si elle n’était pas en mesure de baisser d’un ton et de progresser dans le respect de l’autre par des apprentissages.

Les thérapies d’affirmation de soi par le jeu de rôles  sont alors l’indication à favoriser pour restaurer la confiance en soi sur le plan relationnel.

Joffrey Romon – Psychologue – Toulouse