L’affirmation de soi

L’art du respect réciproque

Définition

L’affirmation de soi est visible et audible de l’extérieur, c’est un comportement qui intervient dans la communication au cour des relations humaines. On peut aussi parler d’un ensemble de compétences relationnelles psychosociales, faisant intervenir la verbalisation (le contenu, le ton employé), mais aussi le comportement non-verbal (la posture). S’affirmer, c’est exprimer ce que l’on pense, ce que l’on ressent, ses désirs ou ses besoins, tout en permettant à l’autre d’exprimer également ce qu’il pense, ce qu’il ressent, ses besoins ou ses désirs.

On peut concevoir un continuum de comportements sociaux dont les extrémités sont la soumission d’un côté, la domination de l’autre, et à mi-chemin se trouve l’affirmation de soi. Trois profils sont donc à distinguer :

  • Le comportement passif ou soumis : un individu est désigné comme passif ou soumis s’il respecte l’autre sans se respecter lui-même. Le sujet n’exprime ni son opinion, ni ce qu’il ressent, ni ce qu’il souhaite, mais écoute et tient compte de ce que l’autre pense, de ce qu’il ressent et de ce qu’il désire. Son comportement non-verbal laisse apparaître un regard fuyant, et une posture de retrait.
  • Le comportement agressif ou dominant : une personne est désignée comme dominante ou agressive lorsqu’elle se fait respecter sans respecter l’autre. Le sujet impose son opinion, ce qu’il ressent et ce qu’il veut à l’autre sans tenir compte à son tour de l’opinion de l’autre, de ce qu’il ressent et ce qu’il désire, voire en s’y opposant systématiquement. Son comportement non-verbal laisse paraître un regard fixe, et une posture le buste en avant et les épaules plus en arrière ainsi que des gestes autoritaires.
  • Le comportement affirmé : un individu est défini comme affirmé lorsqu’il se fait respecter tout en respectant l’autre. Le sujet exprime son opinion, ce qu’il ressent, et ce qu’il souhaite, tout en permettant à l’autre d’exprimer ce qu’il pense, ce qu’il ressent, et ce qu’il désire. Son comportement non-verbal laisse apparaître des regards alternées, une posture assez ouverte et éventuellement ferme.
    Il est à noter que le comportement dominant n’est pas le signe d’une bonne confiance en soi ou d’une bonne estime de soi, et ne doit pas être confondu avec le comportement affirmé. La domination au contraire peut révéler une anticipation anxieuse de la soumission, ce qui peut signifier aussi que l’autre est perçu comme une menace.
    Dossier complet sur des difficultés complexes d’affirmation de soi.

Les domaines d’affirmation de soi

L’affirmation de soi ne peut exister qu’au travers de situations d’interactions sociales. Il est donc utile de les distinguer pour établir les domaines dans lesquelles peuvent apparaître l’affirmation de soi, la soumission ou encore la domination. Voici un tour d’horizon de ces différents domaines : 

  • La communication et l’art de la conversation : concerne la capacité d’engager une conversation, de la maintenir et d’y mettre un terme.
  •  Les demandes : fait référence à la capacité de défendre ses droits et d’exprimer ses besoins.
  • Faire des compliments : exprimer une qualité chez un individu ou remarquer et exprimer favorablement un comportement que l’on trouve positif chez une personne.
  • L’expression des critiques constructives : faire remarquer un comportement qui nous pose un problème et demander un changement précis.
  • Le refus : savoir dire « non » face à une demande, pour un service que l’on ne souhaite pas rendre.
  • Recevoir des critiques : savoir distinguer les critiques vagues, blessantes, destructrices et injustifiées, des critiques justifiées et constructives, et savoir y répondre.
  • Recevoir des compliments : concerne la capacité à reconnaître, lorsque cela est exprimé par autrui, sereinement une qualité
  • La prise de parole en public : fait référence à l’aptitude à tenir un discours devant un groupe, faire un exposé en classe, donner un cours devant des élèves, faire une conférence devant un public.

Lorsque ces 8 domaines sont affectés d’une difficulté à exprimer son opinion, son ressenti ou son désir, ou d’une difficulté à écouter l’opinion, le ressenti ou les désirs de l’autre, on parle d’un manque généralisé d’affirmation de soi, dans ce cas une thérapie d’affirmation de soi par le jeu de rôles  nécessitera un entraînement dans chacune des situations. En revanche, si c’est seulement sur les réponses aux critiques ou sur le refus, par exemple, que le problème d’affirmation de soi se pose, on parle alors d’un manque d’affirmation localisé. Une prise en charge plus courte d’affirmation de soi centrée sur ces difficultés peut alors suffire.

Joffrey Romon – Psychologue – Toulouse