L’acceptation en psychologie

Le concept d’acceptation en psychologie – Définition

Nous avons tous déjà entendu ce genre de conseils : « tu dois apprendre à lâcher-prise », « il faut savoir accepter », « arrête de vouloir tout maîtriser », etc. Sans plus de précisions, ces conseils peuvent sembler dérisoires, vide de sens, voire contradictoires quand on s’aperçoit que le « lâcher-prise » peut avoir des significations très différentes en fonction des situations.

Ces formules toutes faites sont souvent données en réponse à une personne en souffrance, qui insiste dans une direction contre-productive par exemple dans une problématique liée à l’anxiété, à l’ inquiétude incontrôlable ou encore quand une personne adopte une attitude de contrôle, une tendance excessive à vouloir tout contrôler dans son environnement. Mais que faut-il « lâcher » au juste quand on nous dit de « lâcher-prise » ? Que faut-il accepter et comment doit-on s’y prendre ? Est-ce pertinent quelle que soit la situation ?

Accepter ses émotions

Sur le plan émotionnel, l’acceptation est une notion de plus en plus sollicitée en psychothérapie, que ça soit dans les thérapies d’acceptation et d’engagement (ACT : Acceptance and Commitment Thérapy) ou dans la méditation de pleine conscience (mindfulness). Il s’agit alors d’accepter de vivre une émotion sans chercher à la supprimer, le « lâcher-prise » s’adresse ici à la tentative de suppression émotionnelle. Ne pas chercher à éviter le plus rapidement possible une émotion peut avoir un effet psychothérapique sur différents troubles psychologiques . En effet, dans de nombreux troubles psychologiques, il a été démontré que l’évitement à court terme d’une émotion, et la stratégie qui est employé pour éviter l’émotion, est précisément ce qui constitue et entretient le trouble psychologique. Par exemple dans la dépendance à l’alcool, il est fréquent que l’alcool ait pour fonction de supprimer une émotion négative et jugée intolérable, dans un TOC également, une personne peut décider de se laver les mains plusieurs fois par jour car elle ressent que le lavage compulsif lui permet de réduire à court terme une tension émotionnelle, on peut aussi songer aux phobiques sociaux qui décident de s’isoler du regard des autres pour ne pas vivre l’anxiété sociale. C’est pour ces raisons que la méditation de pleine conscience qui invite à accepter ses émotions peut avoir des effets bénéfiques dans le cadre de ces différents troubles psychologiques.

Acceptation de soi

Pour certaines personnes, le fait de se montrer sous son meilleur profil devient une lutte constante, excessive et source de souffrance. Le problème est alors d’admettre son imperfection, d’accepter d’être un mélange de forces et de faiblesses, d’être en mesure d’envisager cette réalité nuancée en son for intérieur, mais aussi en public, au contact du regard des autres. Une estime de soi saine consiste à être en mesure de « lâcher-prise » sur ses failles, ce qui ne signifie pas ne plus plus chercher à s’améliorer, mais plutôt abandonner toutes ces tentatives qui ont pour but de (se) dissimuler nos défauts pour toujours paraître parfait. En ce sens l’une des meilleures manifestations de ce « lâcher-prise » dans l’estime de soi réside dans l’autodérision.

Acceptation d’une situation qui ne peut être changée

Prenons l’exemple d’une personne qui a une tendance à s’inquiéter de façon excessive, et même pour des problèmes sur lesquels elle ne peut ou ne pourrait pas agir, le ” lâcher-prise ” signifie ici qu’il serait utile pour la personne qu’elle apprenne à admettre qu’elle ne peut pas agir sur certains éléments de son environnement, admettre qu’elle n’a aucun pouvoir sur ces derniers, et qu’il est donc inutile pour elle de dépenser tant d’énergie psychique à y penser. Ici le « lâcher-prise » signifie d’accepter un partie de l’environnement tel qu’il est et sur lequel on n’a pas de prise, et donc de ne plus y penser si souvent. Il est en effet plus utile de réserver son énergie psychique à ce sur quoi on a une marge de manœuvre.

Accepter ses pensées

Dans d’autres situations le « lâcher-prise » peut consister au contraire à s’autoriser à avoir certaines pensées. Une personne peut par exemple entretenir une attitude mentale contraignante qui consiste à vouloir à tout prix supprimer la moindre pensée négative. Cette démarche de conformisme mental peut s’avérer contre-productive et alimenter une lutte interne, car il est impossible de contrôler tout ce que l’on pense. Il peut être plus efficace de s’accorder d’avoir des pensées négatives tout en apprenant à ne pas y accorder trop de crédit. Dans l’ACT, la notion « fusion » est employée pour décrire une tendance à prendre ses pensées pour la réalité, l’objectif étant d’enseigner aux patients à la « défusion » qui consiste à prendre conscience du fait que les pensées ne sont pas la réalité, mais simplement des outils pour appréhender la réalité. Dans l’esprit de l’ACT, une pensée n’est pas vraie ou fausse en soi, mais peut être utile ou inutile pour faire face à une situation, c’est que l’on appelle le contextualisme et qui est un fondement philosophique de l’ACT.

L’acceptation comme point de départ au changement

L’acceptation n’est pas toujours synonyme de fatalisme. Au contraire, pour parvenir à changer de façon constructive, il importe de prendre conscience de la situation telle qu’elle est, et non telle que l’on voudrait qu’elle soit. On peut alors voir l’acceptation comme un état des lieux sans déni, une sorte de diagnostic dans lequel on admet les problèmes qui se posent. Ensuite il existe certains problèmes que l’on peut résoudre, et d’autres qui ne peuvent pas être résolus par une action, l’attitude idéale à adopter est alors de concentrer son énergie sur ce sur quoi on peut agir, et admettre une part de fatalisme sur ce que l’on ne peut pas modifier. Accepter une part de fatalisme peut être très difficile à admettre, néanmoins c’est parfois la seule solution raisonnable. Pour y parvenir il peut être nécessaire d’occuper son esprit et son temps à ce sur quoi l’on peut agir. Par ailleurs, la psychologie moderne nous enseigne qu’il est également très sain de ne pas toujours occuper son esprit et son temps, il peut donc aussi être opportun d’apprendre à ne rien faire d’autre que d’apprécier l’instant, en orientant son attention intentionnellement sur ses perceptions, c’est ce que l’on appelle la méditation de pleine conscience.

Joffrey Romon – Psychologue – Toulouse

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