Les TOC existentiels

Une forme de Trouble Obsessionnel-Compulsif peu connue

Les personnes qui souffrent d’un TOC existentiel en France, sont victimes d’une certaine errance diagnostique car ce trouble n’est pas connu dans notre pays, les seuls sources qui le décrivent correctement sont en anglais. Ces articles utilisent les termes de “Pure O” ou “Exitential OCD”.

Les personne qui souffrent de ce trouble passent des heures à se questionner et à rechercher des réponses rassurantes au sujet d’obsessions existentielles, se maintenant ainsi en alerte et aboutissant à un état anxieux et/ou dépressif. Lorsqu’elles demandent du soutien, elles sont perçues comme souffrant d’inquiétudes ou de craintes existentielles, ce qui peut entraîner un professionnel de santé mentale à l’erreur de diagnostic qui consiste à prendre ce trouble pour un TAG (Trouble Anxieux Généralisé), en effet l’inquiétude excessive sur des thèmes multiples est typique du TAG mais le TOC existentiel s’en distingue subtilement. Il peut arriver aussi que le patient ne se reconnaisse pas bien dans le diagnostic de TAG, alors que le professionnel, ayant une vision limitée du TOC ne connaisse pas cette forme particulière qu’est le TOC existentiel.(comme ce fut mon cas avant de rencontrer une patiente anglophone qui m’a très intelligemment orienté sur un article en anglais ).

Prenons l’exemple de cette patiente souffrant d’un TOC existentiel qui témoigne : “Je ne peux me sortir de l’esprit l’idée que tout ce que je vois n’est pas réel. Comment puis-je être sure que je ne suis actuellement en train de dormir et rêver, ou encore dans le coma et que toute ma vie n’est qu’une production de l’imaginaire ? Je commence même à me demander si mon mari et mon fils sont réels et cela me fait très peur”. Ainsi, lorsque l’on est en présence de ce type d’inquiétude intrusive on est plutôt en présence d’un TOC existentiel que d’un TAG. Les inquiétudes obsédantes et la recherche compulsive de théories rassurantes peuvent concerner l’univers, être reliées aux sciences physiques, à la notion de temps, de matière, ou d’autres sujets souvent scientifiques et/ou philosophiques.

 

Les TCC (Thérapies Comportementales et Cognitives) du TOC existentiel

Les TCC sont les psychothérapies les plus efficaces face aux TOC, il en va de même pour les TOC existentiels. Lors d’une TCC auprès d’une personne souffrant d’un TOC, qu’il soit de type existentiel ou non, la méthode de prédilection sera l’EPR (Exposition avec Prévention de la Réponse). L’acceptation issue de l’ACT (Acceptance and Commitment Thérapy) sera également précieuse à intégrer dans la prise en charge du TOC existentiel.

L’exposition consiste pour le psychothérapeute à demander au patient de s’exposer délibérément et graduellement aux pensées et images existentielles craintes, et d’apprendre à être “d’accord avec”, c’est à dire ne pas chercher à les contredire de façon compulsive par des thèses ou théories rassurantes, ce type de compulsion constitue l’évitement spécifique aux TOC existentiels.  Il s’agit aussi de motiver le patient à vivre avec cet inconfort émotionnel provisoire qu’occasionnent ces pensées, sans réagir par l’évitement. Rappelons que l’évitement, comme dans tous les troubles anxieux, mais aussi certaines addictions, est ce qui entretient le trouble psychologique. L’exposition peut consister par exemple à lire des articles qui arguent en faveur de la pensées existentielles “problématiques”, ou à coller des post-it dans des lieux de son appartement que l’on verra forcément à de nombreuses reprises, ou encore à enregistrer une bande audio de 2 minutes sur son téléphone portable qui exprime que la pensée existentielle “problématique” est vraie, et l’écouter une fois par heure tous les jours pendant quelque temps. L’évitement en revanche peut consister à lire certains articles qui arguent en défaveur de la pensée existentielle “problématique”, ou à essayer de chercher mentalement à contredire cette pensée, ou encore à rechercher dans son entourage des personnes pour nous aider à contredire la pensée existentielle “problématique” en discutant.

La prévention de la réponse consiste à observer avec le patient le niveau d’inconfort émotionnel, en le mesurant simplement sur une échelle analogique de 0 à 10, à intervalle régulière (par exemple toutes les 10 minutes). Tout en restant exposé à la pensée existentielle “problématique” il s’agit pour le patient d’apprendre à se relaxer sans chercher à contredire la pensée existentielle, en utilisant putôt par exemple des méthodes de respiration lente, qui permettrons de baisser le rythme respiratoire et cardiaque, ce qui peut contribuer à baisser l’anxiété. L’objectif à terme est d’amener le patient à prendre conscience que les différents évitements mentionnés plus haut et qui étaient des solutions adoptées précédemment, ne fonctionnent qu’à court terme, mais entretiennent le trouble et donc l’anxiété à long terme. Inversement, l’exposition occasionne un certain inconfort à court terme, mais permet une guérison à plus long terme. C’est ce que l’observation répétée du niveau d’inconfort émotionnel permettra de conscientiser.

L’acceptation consiste ici à tolérer cet inconfort émotionnel sans réagir par l’évitement. Il s’agit donc d’une acceptation émotionnelle. Il s’agit aussi d’une acceptation de soi : d’accepter la présence d’un TOC dans son fonctionnement. D’accepter le monde tel qu’il est et qu’il n’y a pas de réponse confortable à certaines questions, ou encore que ce n’est qu’en s’exposant à une certaine dose d’inconfort à court terme que l’on parvient à plus de confort à long terme, même si cela peut paraître contradictoire. Il faut donc de la motivation, et accepter le chemin à parcourir qui consiste à passer par un travail d’exposition quotidien, une pratique incontournable pour guérir.

La chose la plus importante à savoir est basée sur nos connaissances actuelles du traitement des TOC, vous n’avez pas à souffrir davantage ! Il existe des psychothérapies efficaces, quelque que soit le type de TOC, y compris le TOC existentiel. Chaque jour où vous ne trouvez pas une aide adaptée est un jour supplémentaire de souffrance. Si vous n’avez pas trouvé cette aide n’hésitez pas à me contacter ou à prendre un rendez-vous, vous obtiendrez une réponse rapide et personnalisée.

Joffrey Romon – Psychologue – Toulouse

 

Informations : Les documents contenus sur ce site ne peuvent être copiés et diffusés qu’aux conditions suivantes:

1. Tout texte doit être reproduit sans aucune modification et toutes les pages doivent être incluses.

2. Chaque page doit contenir la mention Copyright , mais aussi toutes les autres mentions de protection qui peuvent être mentionnées.

3. Ce document ne doit pas être utilisé dans un but lucratif.

http://toulouse-psycho.fr/